EDITORIAL
" La commande publique représente en France
chaque année
110 à 130 milliards d'euro,
soit 10 % du produit intérieur brut."
La formule, sèchement assénée, paraît jargonneuse, voire technocratique.
Elle représente plus que la seule préoccupation
quotidienne d'agents publics,
d'élus locaux ou de spécialistes, qu'un
hypothétique bras armé de tel ou tel plan
de relance ou qu'un centre d'intérêt spécifique
pour les entreprises.
Dans notre pays de Gaulois râleurs,
une critique récurrente stigmatise l’efficacité
des politiques publiques, invoquant
un fossé grandissant entre une
appréhension théorique des problèmes
et les inquiétudes des individus.
L'achat public a en réalité un impact
évident sur la vie de tous les contribuables
et citoyens que nous sommes.
Loin de n’être qu’un monde d’initiés formalistes,
il est surtout pragmatique.
Il vise avant tout à satisfaire l'intérêt
général, les besoins collectifs : rénover
des routes, construire des crèches et
des écoles, aménager et réhabiliter des
zones d'habitat, créer et gérer des structures
qui accueillent les personnes
âgées, permettre le bon fonctionnement
des hôpitaux...
Le mouvement de décentralisation initié
en 1982 a profondément modifié les
moyens d’action utilisés à l’échelon
local.
Bon nombre de décisions qui nous
concernent ne sont pas prises dans les
palais feutrés des ministères, mises en
musique par des plans de communication
savamment orchestrés. En pratique,
73 % des investissements sont réalisés
par les collectivités territoriales.
Elles sont malgré tout contraintes – la
liberté a besoin de règles – à l'observation
de multiples règles parfois contradictoires
mais toujours fondées sur des
principes républicains : maîtrise et
contrôle de l'usage des deniers publics
et respect du principe de transparence.
Le code des marchés publics impose,
dans ce cadre, aux acheteurs publics le
recensement et la publication de la liste
des attributaires des marchés publics
conclus l'année précédente.
Cette obligation revêt un double intérêt
: elle est un gage de transparence à
l'égard des administrés. Au delà, elle justifie,
légitime et rend plus lisible l'action
publique.
Information du public, point de repère
pour les entreprises qui soumissionnent
déjà aux marchés publics ou qui voudraient
collaborer avec les collectivités,
indicateur de la vigueur du tissu économique
local… plusieurs angles de lecture
sont possibles.
Pour la première fois, La Nouvelle
République publie l'exhaustivité des
marchés conclus en 2008.
Vincent ROCCHI
Juriste-Consultant Marchés Publics
NR Communication
officielles@nr-communication.fr
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